Le 1er janvier 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique a basculé sur un nouveau mode de calcul. Tous les DPE édités depuis cette date intègrent automatiquement un coefficient de 1,9 pour convertir l’électricité finale en énergie primaire, contre 2,3 auparavant. Cette réforme, officialisée par l’arrêté du 26 août 2025, réduit mécaniquement la consommation affichée des logements chauffés à l’électricité de 17,4 %, et fait gagner une classe à plusieurs centaines de milliers de passoires thermiques mal étiquetées.
Conséquence concrète : un appartement parisien classé E en 2023 peut se retrouver D en 2026, sans travaux. Pour les propriétaires bailleurs, c’est une fenêtre d’opportunité avant les interdictions de location des passoires G (depuis 2025), F (dès 2028) et E (dès 2034). Pour les acheteurs, c’est un argument de négociation massue : un DPE dégradé fait chuter le prix de vente de 5 à 15 % selon les études.
Voici le guide complet 2026 pour comprendre le nouveau coefficient 1,9, savoir qui gagne une classe (et qui en perd), simuler votre nouvelle étiquette, et anticiper les travaux utiles avant une vente ou une mise en location.
L’ESSENTIEL À RETENIR
- Nouveau coefficient : 1,9 au lieu de 2,3 pour l’électricité, en vigueur depuis le 1er janvier 2026 (arrêté du 26 août 2025).
- Impact chiffré : -17,4 % sur la consommation d’énergie primaire des logements chauffés à l’électricité, soit l’équivalent d’une classe gagnée dans 18 à 25 % des cas.
- Gagnants : logements tout-électrique (radiateurs, chauffe-eau, cuisson) classés D, E ou F avant 2026.
- Perdants : logements chauffés au gaz, fioul ou bois, dont le coefficient reste inchangé (1 pour le gaz, 1 pour le bois).
- Attestation gratuite : tout propriétaire peut télécharger sa nouvelle étiquette sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans visite du diagnostiqueur.
- Calendrier passoires : G interdit à la location depuis le 1er janvier 2025, F dès 2028, E dès 2034.
Que change le coefficient 1,9 concrètement ?
Le DPE convertit chaque énergie finale consommée en énergie primaire, via un coefficient qui dépend de la source. Ce coefficient traduit les pertes de production, de transport et de distribution. L’électricité, qui passe par un réseau national avec des pertes importantes, était jusqu’en 2025 affectée d’un coefficient de 2,3 : 1 kWh électrique consommé = 2,3 kWh d’énergie primaire au compteur du pays.
Le 26 août 2025, un arrêté ministériel a ramené ce coefficient à 1,9, conformément à la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments. Le calcul devient : 1 kWh électrique = 1,9 kWh d’énergie primaire. La différence représente 17,4 % de consommation affichée en moins, soit en moyenne l’équivalent d’une classe DPE gagnée pour les logements 100 % électriques.
Les coefficients des autres énergies restent inchangés : 1 pour le gaz naturel, 1 pour le propane, 1 pour le bois, 0 pour les réseaux de chaleur vertueux. Un logement chauffé au gaz ne voit donc pas son DPE modifié par la réforme. Un logement mixte (chauffage électrique + eau chaude gaz) profite d’un gain proportionnel à la part d’électricité.
| Énergie | Coefficient avant 2026 | Coefficient depuis 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Électricité (résidentiel) | 2,3 | 1,9 | -17,4 % |
| Gaz naturel | 1 | 1 | stable |
| Fioul domestique | 1 | 1 | stable |
| Bûches / granulés bois | 1 | 1 | stable |
| Réseau de chaleur (vertueux) | 0 | 0 | stable |
| Propane / butane | 1 | 1 | stable |
D’où vient ce coefficient de 1,9 ?
La directive européenne 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments impose une révision des coefficients nationaux pour converger vers une méthodologie commune. La France appliquait jusqu’ici 2,3, un coefficient pessimiste hérité des années 2010 où le mix électrique français était peu décarboné. Le passage à 1,9 reflète la réalité actuelle : 67 % de l’électricité française provient du nucléaire, un mix déjà très bas-carbone.
Cette révision ne change pas la consommation réelle des ménages. Elle change uniquement la conversion utilisée pour classer le logement sur l’étiquette A-G. Un radiateur électrique de 1 000 W consomme toujours 1 kWh par heure. Mais ce kWh est désormais compté 1,9 kWh d’énergie primaire au lieu de 2,3.
Qui gagne une classe ? Qui en perd ?
Le gain de classe n’est pas automatique. Il dépend de trois facteurs : la part d’électricité dans la consommation totale, la position initiale du logement sur l’étiquette, et la zone climatique. Pour une maison 100 % électrique de 100 m² classée E en 2023 dans le nord de la France, le passage au coefficient 1,9 fait souvent basculer la note à D, voire C pour les meilleures performances.
Pour un appartement parisien de 60 m² chauffé au gaz collectif avec eau chaude électrique, le gain est limité : seule l’eau chaude profite de la réforme (environ 15 à 20 % de la consommation totale), donc l’amélioration de l’étiquette est faible, voire nulle. La note peut même stagner ou, dans de rares cas, reculer si l’on compare avec un DPE refait selon la nouvelle méthode sur des données réelles.
Pour un logement chauffé au fioul, la note peut théoriquement reculer, car le coefficient du fioul reste à 1 tandis que le parc électrique national s’améliore (davantage de renouvelables injectées). Mais cet effet reste marginal à l’échelle d’un DPE individuel.
| Type de logement | Classe avant 2026 | Classe probable en 2026 | Gain net |
|---|---|---|---|
| Studio 25 m² tout électrique | E | D | +1 classe |
| Appartement 60 m² électrique + eau chaude gaz | D | D | stable |
| Maison 100 m² tout électrique, nord | E | D, voire C | +1 à +2 classes |
| Maison 120 m² pompe à chaleur + solaire | B | A | +1 classe |
| Logement chauffé au gaz de ville | C | C | stable |
| Logement chauffé au fioul | E | E | stable |
| Logement chauffé au bois bûches | C | C | stable |
Cas concret : un T3 de 65 m² à Lyon
Madame R. possède un T3 de 65 m² dans le 7e arrondissement de Lyon, construit en 1975. Chauffage collectif au gaz, eau chaude électrique, cuisson électrique. Son DPE réalisé en mars 2024 affichait 285 kWh/m²/an, classe E. Avec le nouveau coefficient 1,9, la part électrique (eau chaude + cuisson, environ 25 % de la consommation) est recalculée. Résultat : 256 kWh/m²/an, classe D, mais de justesse. Le gain est réel mais reste insuffisant pour échapper au statut de passoire thermique en 2034.
Pour passer en C et gagner en valeur patrimoniale, il faudrait remplacer les fenêtres simple vitrage et isoler les combles. Coût estimé 12 000 à 18 000 €, éligible à MaPrimeRénov’ parcours par geste. Notre guide rénovation énergétique 2026 détaille l’ordre optimal des travaux.
Comment simuler gratuitement votre nouveau DPE
Trois voies s’offrent à vous pour connaître votre nouvelle étiquette sans payer un diagnostiqueur (120 à 250 € en moyenne), à condition d’avoir un DPE valide de moins de 10 ans.
Option 1 : l’attestation gratuite de l’Observatoire ADEME
Le ministère de la Transition écologique a mis en place sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME une attestation numérique gratuite qui recalcule automatiquement le DPE avec le coefficient 1,9. Il suffit de saisir l’adresse du logement ou son numéro DPE à 13 chiffres. L’attestation est téléchargeable en PDF, valable juridiquement pour les transactions immobilières depuis le 1er janvier 2026.
Cette attestation a la même valeur qu’un nouveau DPE complet, à condition que le logement n’ait pas fait l’objet de travaux modificatifs depuis le dernier diagnostic. Pour une vente, elle est acceptée par les notaires depuis le 1er janvier 2026, conformément à l’arrêté du 26 août 2025 publié au Journal officiel.
Option 2 : les simulateurs indépendants
Plusieurs sites proposent des simulateurs gratuits qui appliquent le coefficient 1,9 sur la base des données saisies par l’utilisateur (surface, énergie, année de construction, zone climatique). Les plus fiables reprennent la méthode 3CL (Calcul de la Consommation Conventionnelle du Logement) officielle, avec les mêmes données d’entrée que les diagnostiqueurs certifiés.
Méfiez-vous des simulateurs qui annoncent un résultat en 30 secondes sans données d’entrée : ils appliquent juste une règle de trois grossière et peuvent afficher des classes fantaisistes. Préférez les simulateurs qui demandent au minimum la surface, l’année de construction, le type de chauffage, et la zone climatique (H1, H2, H3).
Option 3 : refaire un DPE complet
Si votre DPE date d’avant juillet 2021 (avant la réforme précédente), il est probablement non conforme à la méthode 3CL 2021. Mieux vaut alors commander un nouveau DPE complet, avec visite, auprès d’un diagnostiqueur certifié. Comptez 120 à 250 € selon la surface et la région. C’est la solution la plus fiable, obligatoire pour toute vente ou mise en location.
Passoires thermiques : le calendrier d’interdiction 2025-2034
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé un calendrier progressif d’interdiction de mise en location des logements les plus énergivores. Chaque étape concerne une classe DPE supplémentaire. Le propriétaire bailleur qui ne rénove pas son logement s’expose à une amende administrative et à l’impossibilité de signer un nouveau bail.
| Date d’effet | Classes interdites | Type d’interdiction | Sanction |
|---|---|---|---|
| 1er janvier 2023 | Logements > 450 kWh/m²/an | Performance énergétique = critère de décence | Refus du renouvellement du bail |
| 1er janvier 2025 | Classe G | Interdiction de mise en location | Amende jusqu’à 15 000 € |
| 1er janvier 2028 | Classe F | Interdiction de mise en location | Amende jusqu’à 15 000 € |
| 1er janvier 2034 | Classe E | Interdiction de mise en location | Amende jusqu’à 15 000 € |
Avec la réforme 2026, de nombreux propriétaires pensant avoir une passoire G découvrent en fait un logement classé F ou D en 2026, donc non encore interdit. C’est une fenêtre d’opportunité pour vendre ou rénover avant les prochaines échéances, et pour ne pas subir la décote de marché qui frappe les biens énergivores (5 à 15 % selon les études ADEME et notaires).
Pour les propriétaires qui louent déjà, le gel des loyers sur les passoires G est en vigueur depuis le 18 août 2022. Le bien ne peut plus voir son loyer augmenter, même en cas de changement de locataire, sauf réalisation de travaux de rénovation énergétique, comme le rappelle le dossier passoires énergétiques du service public.
Vente immobilière : l’argument négociation qui tient
Depuis le 1er janvier 2022, les annonces immobilières doivent afficher la classe énergétique du DPE. Un bien classé F ou G reçoit en moyenne 18 % de demandes de visites en moins qu’un bien classé C ou D. À surface et localisation égales, l’écart de prix au m² atteint 5 à 15 % dans les grandes villes, et jusqu’à 25 % dans les zones tendues où la rénovation est rare.
Pour les acheteurs, c’est un argument de négociation légal et documenté : tout DPE erroné ou absent peut entraîner une action en vice caché, ou une baisse de prix contrainte par le juge. Pour les vendeurs, c’est un signal à anticiper : faire réaliser un DPE volontaire 6 mois avant la mise en vente permet de budgéter d’éventuels travaux ciblés, ou d’acter une décote assumée.
💡 Astuce acquéreur
Avant de signer un compromis, téléchargez l’attestation gratuite ADEME et comparez la note affichée par le vendeur avec la note recalculée au coefficient 1,9. Si le DPE vendeur date d’avant 2026 et que la classe change, exigez soit une baisse de prix, soit la réalisation de travaux ciblés avant la vente (à inscrire dans le compromis).
Les 6 travaux qui font gagner une classe en 2026
Si la nouvelle étiquette recalculée reste insuffisante pour atteindre la classe C ou D, voici les six travaux les plus efficaces par ordre de retour sur investissement. Tous sont éligibles à MaPrimeRénov’ parcours par geste (sous conditions de revenus pour les forfaits les plus élevés) et aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).
Premier réflexe : l’isolation des combles. Jusqu’à 30 % des déperditions d’un logement passent par le toit. Notre guide isolation des combles 2026 recommande 30 cm minimum de laine de roche, à 25-50 €/m² pose comprise, pour un retour sur investissement de 5 à 7 ans. Gain DPE typique : une classe.
Deuxième réflexe : l’isolation par l’extérieur (sarking) sur la toiture quand les combles sont déjà aménagés. Notre guide sarking 2026 détaille les techniques et les prix (150-250 €/m²). Gain DPE : une à deux classes selon l’isolation initiale.
Troisième : le remplacement des fenêtres simple vitrage par du double vitrage à isolation renforcée (VIR). 450 à 900 € par fenêtre. Gain : -2 à -3 °C l’hiver et -3 à -5 °C l’été. Effet DPE modeste mais confort thermique très net.
Quatrième : l’installation d’une pompe à chaleur air-air ou air-eau en remplacement d’une chaudière fioul ou gaz ancienne. Notre comparatif PAC 2026 recense les modèles éligibles et les aides 2026 (MaPrimeRénov’ + CEE + prime Coup de pouce chauffage). Gain : une à deux classes selon le logement.
Cinquième : la ventilation double flux (VMC DF), qui récupère la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air entrant. Indispensable après isolation renforcée pour éviter les problèmes de condensation. 2 000 à 5 000 € pose comprise. Gain : une demi-classe à une classe.
Sixième : la régulation thermique (thermostat connecté, robinets thermostatiques, programmation). 200 à 800 € au total. Gain : une demi-classe, mais rentabilisé en 1 à 3 ans sur la facture.
MaPrimeRénov’ 2026 : le barème à connaître
Le guichet MaPrimeRénov’ parcours par geste est ouvert depuis le 23 février 2026 pour tous les ménages, sans condition de revenus pour les travaux les plus simples. Le barème 2026 modulé selon les revenus (très modestes, modestes, intermédiaires, supérieurs) reste indexé sur le revenu fiscal de référence 2025.
| Type de travaux | Très modestes | Modestes | Intermédiaires | Supérieurs |
|---|---|---|---|---|
| Isolation combles / toiture | 25 €/m² | 20 €/m² | 15 €/m² | 0 €/m² |
| Isolation murs par l’extérieur | 75 €/m² | 60 €/m² | 40 €/m² | 0 €/m² |
| PAC air-eau (remplacement chaudière) | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € | 0 € |
| PAC air-air (multi-split) | 2 500 € | 2 000 € | 1 000 € | 0 € |
| VMC double flux | 2 500 € | 2 000 € | 1 500 € | 0 € |
| Chauffe-eau thermodynamique | 1 200 € | 900 € | 600 € | 0 € |
Le cumul MaPrimeRénov’ + CEE est plafonné à 90 % du coût total pour les très modestes, 75 % pour les modestes, 60 % pour les intermédiaires. Au-delà, il faut passer par le parcours MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur (plusieurs travaux en même temps), ouvert aux logements classés E, F ou G, avec un accompagnement par un Mon Accompagnateur Rénov’ obligatoire. Le barème 2026 complet et les conditions d’éligibilité sont détaillés par le ministère de l’Économie.
Achat immobilier : vérifier le DPE avant de signer
Le DPE est obligatoire pour toute vente depuis le 1er janvier 2011, et opposable juridiquement depuis le 1er juillet 2021. Concrètement, un acquéreur peut engager la responsabilité du vendeur pour vice caché si le DPE sous-estime la consommation réelle du logement (par exemple en cas de saisie erronée des données par le diagnostiqueur).
Avant de signer un compromis, quatre vérifications essentielles. Premièrement, que le DPE est bien affiché dans l’annonce et le dossier de diagnostic technique. Deuxièmement, que la date du DPE a moins de 10 ans (validité administrative) et a moins de 3 ans pour une vente (le nouveau DPE doit être commandé). Troisièmement, que la note recalculée au coefficient 1,9 (via l’attestation ADEME gratuite) correspond bien à la note affichée. Quatrièmement, que le diagnostiqueur est certifié et assuré (numéro de certification visible sur le rapport).
Si l’une de ces vérifications échoue, deux options : négocier une baisse de prix proportionnelle au coût des travaux nécessaires pour gagner une classe, ou conditionner la signature du compromis à la réalisation de travaux ciblés avant la vente. Notre dossier complet sur la rénovation énergétique 2026 donne l’ordre optimal des travaux pour chaque profil de logement.
MÉMO : 8 POINTS CLÉS À RETENIR SUR LE DPE 2026
FAQ : vos questions sur le DPE 2026
Mon DPE va-t-il forcément changer en 2026 ?▼
Pas forcément. Le changement ne concerne que la part d’électricité dans votre consommation. Si votre logement est chauffé au gaz, au fioul ou au bois, le DPE reste identique. Si votre logement est chauffé à l’électricité (radiateurs, PAC air-air, plancher chauffant électrique), la consommation affichée baisse de 17,4 %, ce qui peut vous faire gagner une classe, voire deux dans les meilleurs cas.
L’attestation gratuite ADEME a-t-elle la même valeur qu’un DPE complet ?▼
Oui, depuis le 1er janvier 2026, l’attestation délivrée par l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME a la même valeur juridique qu’un nouveau DPE complet, à condition que le logement n’ait pas fait l’objet de travaux modificatifs depuis le dernier diagnostic. Pour une vente, elle est acceptée par les notaires et figure dans le dossier de diagnostic technique.
Combien coûte un nouveau DPE complet en 2026 ?▼
Entre 120 et 250 € selon la surface et la région, avec une moyenne nationale de 160 €. Les diagnostiqueurs certifiés peuvent facturer plus cher pour les grandes surfaces ou les logements atypiques. Pour 95 % des cas, l’attestation gratuite ADEME suffit, à condition d’avoir un DPE valide de moins de 10 ans.
Que risque un propriétaire qui loue une passoire G ?▼
Depuis le 1er janvier 2025, la mise en location d’un logement classé G est interdite, sous peine d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 15 000 € par logement. Le propriétaire doit aussi subir le gel des loyers en vigueur depuis le 18 août 2022 : aucune augmentation n’est possible, même en cas de changement de locataire, sauf travaux de rénovation énergétique.
Un DPE défavorable fait-il baisser le prix de vente ?▼
Oui, significativement. Les études ADEME et notaires montrent une décote de 5 à 15 % pour les biens classés F ou G, et jusqu’à 25 % dans les zones tendues où la rénovation est rare. À l’inverse, les biens classés A ou B bénéficient d’une surcote de 3 à 8 %, qui compense largement les travaux d’isolation ou de PAC réalisés.
Le DPE est-il valable pour les locations touristiques ?▼
Non, le DPE est obligatoire pour la résidence principale du locataire, pas pour les locations touristiques de courte durée (type Airbnb). En revanche, depuis janvier 2025, les meublés de tourisme doivent afficher l’étiquette DPE dans leur annonce, et les communes peuvent interdire les meublés classés G ou F dans les zones tendues.
Comment contester un DPE erroné ?▼
Trois voies s’offrent à vous. Premièrement, contacter le diagnostiqueur pour qu’il rectifie le rapport en cas d’erreur factuelle (surface, énergie, type de ventilation). Deuxièmement, saisir l’organisme de certification du diagnostiqueur (BCERT, AFNOR, ICERT) en cas de faute professionnelle. Troisièmement, engager une action judiciaire pour vice caché si le DPE sous-estime manifestement la consommation réelle.
Les logements neufs sont-ils concernés par la réforme 2026 ?▼
Oui, tous les DPE édités depuis le 1er janvier 2026 utilisent le coefficient 1,9, qu’il s’agisse d’un logement neuf, ancien, ou récemment rénové. Les DPE réalisés avant cette date restent valables 10 ans, mais le propriétaire peut demander gratuitement une attestation recalculée via l’Observatoire ADEME.
La PAC air-air change-t-elle la classe DPE ?▼
Oui, mais avec une subtilité. Une PAC air-air reste un système électrique, donc la consommation affichée baisse mécaniquement de 17,4 % avec le coefficient 1,9. Par ailleurs, une PAC air-air a un coefficient de performance (COP) de 3 à 5, ce qui réduit la consommation finale d’électricité. Combinés, ces deux effets peuvent faire gagner deux classes DPE pour les logements bien isolés.
Pour les maisons avec terrasse, équiper la PAC d’une pergola bioclimatique extérieure permet de réduire le recours à la climatisation réversible en été, donc de conserver une classe DPE favorable.