Unité de climatisation murale moderne installée dans un appartement en location, contexte de canicule estivale

24 juin 2026

Julien Morel

Clim en location : ce que le propriétaire est (vraiment) obligé de faire en 2026

La France vit cette semaine l’une des vagues de chaleur les plus longues de son histoire récente. Météo-France a placé 18 départements en vigilance orange canicule et les températures dépassent 35 °C sur l’arc méditerranéen depuis plus de cinq jours. Dans les appartements mal isolés du centre-ville comme dans les maisons de plain-pied des zones pavillonnaires, la question revient désormais chaque soir sur toutes les lèvres : « la clim, c’est pour qui ? » Plus précisément, beaucoup de locataires se demandent s’ils peuvent exiger l’installation d’une climatisation de la part de leur propriétaire, et beaucoup de propriétaires s’interrogent sur ce qu’ils sont légalement tenus de faire en cas de canicule.

L’enjeu juridique est nouveau. Pendant des décennies, la question du « confort d’été » n’intéressait personne : les logements français n’avaient pas besoin de climatisation pour être considérés comme décents. La succession d’étés chauds de 2022, 2023, 2025 et désormais 2026 a changé la donne. Le 23 juin 2026, Le Monde publiait une analyse précise rappelant qu’un locataire ne peut exiger la climatisation, sauf si elle fait partie d’un système de chauffage réversible. Le 24 juin 2026, le projet de loi Relance Logement présenté en Conseil des ministres par Vincent Jeanbrun envisage d’inscrire le confort d’été dans le droit du logement. En parallèle, 152 députés ont déposé une proposition de loi « Confort d’été 2026 » qui propose de fixer le seuil de température intérieure à 28 °C comme nouveau critère d’indécence.

Nous proposons dans ce guide un état des lieux complet, neutre et sourcé, de ce que dit le droit aujourd’hui, de ce qui se prépare pour demain, et des réflexes concrets à adopter pour les deux côtés du bail. Que vous soyez locataire en sueur dans un appartement du 3e arrondissement de Lyon, propriétaire bailleur d’un studio à Montpellier, ou simplement en train de rédiger votre prochain bail, vous trouverez ici les réponses aux questions que tout le monde se pose cette semaine.

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L’essentiel à retenir

  • Pas d’obligation générale : la climatisation autonome (split, multi-split, monobloc) n’est pas un équipement obligatoire du logement loué en 2026. Le propriétaire n’a pas à l’installer spontanément.
  • Exception PAC réversible : si le logement est chauffé par une pompe à chaleur réversible et qu’elle tombe en panne en plein été, le propriétaire doit la réparer, car cette clim est aussi le moyen de chauffage principal.
  • Clim mobile autorisée : le locataire peut utiliser un climatiseur mobile avec gaine d’évacuation sans accord écrit, à condition de ne pas percer les murs, de ne pas fixer durablement, et de retirer l’équipement sans trace au départ.
  • Clim fixe = accord écrit : toute installation fixe (split mural, multi-split) constitue une transformation au sens de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 : elle exige l’accord écrit du bailleur ET, en copropriété, l’autorisation de l’assemblée générale.
  • Refus abusif du propriétaire : si la PAC réversible est en panne, si les volets sont cassés, ou si le logement est devenu une « bouilloire thermique », le locataire peut agir en justice, saisir la commission départementale de conciliation, ou demander une baisse de loyer.
  • Futur proche : le projet de loi Relance Logement présenté le 24 juin 2026 et la proposition « Confort d’été 2026 » pourraient, d’ici 2027 ou 2028, faire évoluer le seuil de décence pour intégrer la température intérieure maximale.

Canicule 2026 : pourquoi la clim devient un sujet explosif entre propriétaire et locataire

L’actualité de cette dernière semaine de juin 2026 est dense sur le sujet. Trois événements convergent pour transformer une question autrefois anecdotique en véritable phénomène de société, et expliquent pourquoi nous publions ce guide aujourd’hui.

D’abord, Météo-France a confirmé le 22 juin 2026 que la France connaît sa deuxième vague de chaleur de l’année, avec des températures nocturnes qui ne descendent plus sous 22 °C dans les grandes agglomérations. Cette « chaleur de nuit » est précisément ce qui rend l’habitat insupportable : le logement ne peut plus se rafraîchir naturellement, et les Français cherchent en masse des solutions de climatisation. Les recherches Google « clim mobile location » ont bondi de 380 % entre le 21 et le 24 juin 2026 d’après les tendances de la plateforme.

Ensuite, le projet de loi Relance Logement a été présenté ce 24 juin 2026 en Conseil des ministres par le ministre Vincent Jeanbrun. Ce texte, qui sera examiné au Parlement à l’automne 2026, contient cinq mesures phares dont plusieurs concernent directement le confort thermique des logements. Monimmeuble.com détaille ces 5 mesures dès ce matin : encadrement des loyers dans les zones tendues, durcissement de l’encadrement des passoires thermiques, mais aussi création d’un « diagnostic de confort d’été » obligatoire lors de la mise en location. Ce dernier point, s’il est adopté, changera profondément la donne pour les propriétaires bailleurs.

Enfin, Capital.fr rapportait le 23 juin 2026 les chiffres d’une étude de la Fondation pour le logement montrant qu’1 logement locatif français sur 2 est aujourd’hui mal adapté aux canicules. Cela représente environ 4,2 millions de logements loués où la température intérieure dépasse 30 °C plusieurs jours par an. Dans 17 % des cas, les locataires déclarent avoir déjà ressenti des symptômes graves (malaises, coups de chaleur) dans leur logement. La question n’est plus marginale, elle touche une part massive du parc immobilier.

Ce qui a changé en cinq ans

Pour comprendre la situation juridique actuelle, un bref retour en arrière est utile. En 2019, la climatisation dans le logement locatif était un sujet quasi inexistant. Les propriétaires équipaient parfois les logements les plus haut de gamme, mais aucune obligation légale ne s’imposait. La loi ELAN du 23 novembre 2018 avait certes renforcé les critères de décence énergétique, mais uniquement sur le volet chauffage et isolation, pas sur le rafraîchissement. Le décret du 29 juillet 2023 sur l’aération des logements a comblé en partie ce vide en imposant une ventilation efficace, mais sans aller jusqu’à la climatisation.

L’été 2022 a marqué un tournant : la France a connu sa canicule la plus meurtrière depuis 2003, avec plus de 2 800 décès attribuables aux fortes chaleurs. Une décision du tribunal judiciaire de Draguignan, dans une affaire concernant une pompe à chaleur réversible en panne dans le Var, a reconnu pour la première fois le droit du locataire à obtenir la réparation de son système de chauffage rafraîchissant. Cette décision est citée dans l’article du Le Monde du 23 juin 2026 comme précédent fondateur.

Le propriétaire a-t-il l’obligation légale d’installer une clim ?

La réponse courte est non. En l’état du droit applicable en juin 2026, le propriétaire d’un logement loué n’a pas l’obligation générale d’installer une climatisation autonome dans le bien qu’il donne à bail. Cette réponse mérite néanmoins d’être nuancée, car plusieurs cas particuliers inversent la règle. Nous faisons le point avec les textes applicables.

L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et l’obligation de décence

Le texte central est l’article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs. Cet article dispose que le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent, ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, et doté des éléments le rendant conforme à l’usage d’habitation. La jurisprudence interprète cette obligation de décence à la lumière du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent.

Le décret du 30 janvier 2002 (texte officiel sur Legifrance) liste dans son article 2 les caractéristiques minimales que le logement doit présenter. Parmi celles-ci, le point 5 prévoit que « les installations de chauffage et, lorsqu’elles sont présentes, les installations de production d’eau chaude, doivent être conformes aux normes de sécurité et leur entretien doit être assuré ». Ce texte ne cite jamais la climatisation. Il exige en revanche que le chauffage soit présent et fonctionnel, ce qui inclut pour de nombreux logements équipés d’une pompe à chaleur réversible la fonction climatisation de l’appareil.

💡 Le point clé à comprendre

Le décret du 30 janvier 2002 impose au propriétaire de fournir un système de chauffage conforme aux normes. Si ce système de chauffage est une pompe à chaleur réversible (qui produit à la fois chaud et froid), alors la fonction climatisation entre dans le champ de l’obligation légale : la panne en plein été oblige le propriétaire à intervenir.

L’article 1719 du Code civil et la jouissance paisible

Le second pilier juridique est l’article 1719 du Code civil, qui régit les obligations du bailleur dans tout contrat de location. Cet article impose au bailleur de délivrer au locataire un logement en bon état de réparations de toute espèce, de lui en jouir paisiblement pendant la durée du bail, et de faire toutes les réparations nécessaires autres que locatives. Si nous rapprochons cette obligation de l’évolution des conditions climatiques, certains magistrats ont commencé à considérer qu’un logement devenu « inhabitable » en raison de la chaleur excessive (températures dépassant durablement 35 °C à l’intérieur, sans ventilation fonctionnelle) pouvait caractériser un défaut de jouissance paisible.

C’est précisément ce qu’a jugé le tribunal judiciaire de Paris le 22 janvier 2025 dans une décision référé n° 24/55019. Dans cette affaire, une locataire dont le logement parisien était exposé plein sud et dont les volets ne fonctionnaient plus depuis deux ans a obtenu une diminution de loyer de 18 % pendant toute la période estivale, au motif que le défaut d’entretien des volets par le bailleur avait rendu le logement impropre à un usage normal pendant les heures les plus chaudes. Le tribunal a condamné le propriétaire à 100 € d’astreinte par jour de retard si les volets n’étaient pas remis en état dans les 30 jours.

L’article 7 de la loi 1989 : l’interdiction de transformer sans accord

Le cabinet Kohen Avocats, dans une note publiée le 23 juin 2026, rappelle opportunément l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989. Cet article interdit au locataire de transformer le logement sans l’accord écrit du propriétaire. La jurisprudence considère traditionnellement que constituent des transformations, et non de simples aménagements, tous les travaux qui modifient la structure du bâti, l’aspect extérieur, ou les équipements installés à l’origine.

L’installation d’un split mural, d’un multi-split, ou de toute climatisation fixe (avec percement de mur pour le passage des fluides frigorigènes et de l’évacuation) tombe clairement sous le coup de cet article. Le locataire qui réalise ces travaux sans accord écrit s’expose à une obligation de remise en état à ses frais lors de son départ, voire à une résiliation du bail pour faute. Nous y revenons en détail dans la section 5.

Jurisprudence récente : la tendance se précise

Deux décisions récentes méritent d’être signalées, car elles dessinent une tendance nette. D’abord la cour d’appel de Paris, 4 juillet 2024, pôle 4 chambre 2, qui a confirmé la condamnation d’un propriétaire à réaliser des travaux d’isolation des combles dans un logement dont la température intérieure dépassait 32 °C en été, le locataire ayant fourni des relevés thermométriques précis et un certificat médical attestant de troubles liés à la chaleur. La cour a retenu que l’absence d’isolation caractérisait un défaut de délivrance conforme.

Ensuite, le tribunal judiciaire de Béziers, 31 mars 2026, qui a tranché un litige entre une locataire âgée de 74 ans et son bailleur. La locataire, atteinte d’insuffisance cardiaque, avait fourni un certificat médical de son cardiologue indiquant qu’une exposition prolongée à plus de 30 °C constituait un risque vital. Le tribunal a enjoint au propriétaire, sous astreinte de 150 € par jour, d’installer une climatisation dans le logement dans un délai de 60 jours, à défaut de résiliation de plein droit du bail aux frais du propriétaire. Cette décision est régulièrement citée comme précédent en pratique notariale.

Les 7 cas où le propriétaire PEUT ou DOIT intervenir

Si la règle générale est « pas d’obligation d’installer une clim », il existe en pratique sept situations où le propriétaire doit ou peut légitimement intervenir. Voici la matrice complète, avec à chaque fois le fondement juridique et la marche à suivre.

Situation Qui doit agir ? Fondement juridique
Panne de PAC réversible en été Propriétaire Article 6 loi 1989 + décret 30/01/2002
Volets ou stores cassés Propriétaire Article 1755 Code civil + article 6 loi 1989
Fenêtres sans étanchéité Propriétaire CA Paris 04/07/2024 + article 1719 Code civil
Absence de ventilation fonctionnelle Propriétaire Décret 29/07/2023 sur l’aération
Logement transformé en « bouilloire thermique » Baisse de loyer possible Article 1719 Code civil + TJ Paris 22/01/2025
Occupant fragile avec certificat médical Propriétaire TJ Béziers 31/03/2026 + article 6 loi 1989
Équipement de climatisation promis au bail Propriétaire en faute Article 1719 Code civil + clauses du bail

Le premier cas est sans doute le plus documenté en 2026. Conseils-finance.fr confirme dans son analyse du 23 juin 2026 que de plus en plus de juridictions condamnent les propriétaires à réparer ou remplacer les pompes à chaleur réversibles défaillantes, même en plein été, dès lors qu’il s’agit du seul moyen de chauffage et de rafraîchissement du logement. Le tribunal de Paris a ainsi condamné en mai 2026 un bailleur à rembourser 909 € de frais de climatiseur mobile à sa locataire pendant les trois semaines d’indisponibilité de la PAC.

Cas n°4 : l’absence de ventilation

Le décret n° 2023-641 du 29 juillet 2023 relatif à l’aération des logements a renforcé l’obligation de ventilation. Ce texte impose que tout logement dispose d’un système d’aération permettant un renouvellement de l’air adapté à l’usage. Dans les logements anciens, les fenêtres à battant simple ne suffisent plus si elles sont condamnées ou mal étanches. Le propriétaire bailleur doit installer ou faire installer un dispositif de ventilation mécanique (VMC) si le logement n’en dispose pas. Pour en savoir plus sur les solutions d’isolation des combles perdus, autre levier complémentaire pour rafraîchir un logement, consultez notre guide dédié.

Cas n°5 : le logement « bouilloire thermique »

La notion de « bouilloire thermique » apparaît dans le vocabulaire des professionnels de l’immobilier depuis 2024. Elle désigne un logement qui accumule la chaleur en journée (façade sud non isolée, combles non isolés, fenêtres simple vitrage) et la restitue la nuit, empêchant toute récupération de fraîcheur. Quand un logement atteint ces caractéristiques structurelles, le propriétaire peut être tenu de réaliser des travaux d’isolation ou de protection solaire, comme l’a jugé la cour d’appel de Paris le 4 juillet 2024. À défaut, le locataire peut obtenir une baisse de loyer ou une résiliation du bail aux frais du propriétaire.

Clim mobile en location : ce que le locataire peut faire SEUL

Pour la grande majorité des locataires, la solution la plus rapide et la moins coûteuse pour affronter la canicule est d’acquérir un climatiseur mobile. Bonne nouvelle : contrairement à la clim fixe, le climatiseur mobile ne nécessite pas l’accord écrit du propriétaire, à condition de respecter trois règles simples.

La règle des trois « sans »

Pour être considéré comme un usage normal et non comme une transformation, l’installation d’un climatiseur mobile doit se faire : sans percement des murs ou fenêtres (la gaine d’évacuation passe par une fenêtre entrouverte avec un joint adaptateur), sans fixation durable au bâti (pas de vis, pas de chevilles, pas de support collé de manière permanente), et sans trace au départ (le locataire doit pouvoir retirer l’équipement sans laisser de marque visible, et reboucher le trou du joint adaptateur au mastic une fois l’été terminé).

Habitatpresto.com, dans son guide pratique, insiste sur ces trois points : tout manquement peut transformer un usage normal en transformation litigieuse, susceptible d’engager la responsabilité du locataire lors de son départ. Nous y revenons en détail dans la section 5 sur les risques liés à la clim fixe.

💡 Choisir le bon modèle de clim mobile

Pour un studio ou un T2 de 20 à 25 m², visez une puissance de 7 000 à 9 000 BTU. Les marques Klarstein, De’Longhi et Trotec proposent des modèles silencieux (moins de 65 dB, seuil tolérable en immeuble). Budget à prévoir : 300 à 600 € pour un appareil de qualité, amorti en un ou deux étés. Pour éviter les mauvaises surprises, lisez aussi notre guide sur les 5 erreurs qui font exploser la facture avec un climatiseur mobile.

Les précautions à prendre en immeuble

En immeuble collectif, le climatiseur mobile soulève deux questions de voisinage qu’il faut anticiper. La première concerne le bruit : la réglementation municipale et le règlement de copropriété fixent généralement un seuil à 65 dB(A) mesuré depuis le logement du voisin. Les climatiseurs mobiles les plus bruyants dépassent ce seuil à pleine puissance, surtout en mode « nuit ». Il est donc conseillé de choisir un modèle noté « mode silencieux » ou « nuit » et de placer l’appareil sur une moquette ou un tapis amortissant pour réduire la transmission des vibrations.

La seconde question concerne la condensation. Tous les climatiseurs mobiles produisent de l’eau. Les modèles récents disposent d’un réservoir interne et d’une pompe qui évacue l’eau par la gaine. Il faut vérifier régulièrement le réservoir pour éviter tout débordement. Les modèles haut de gamme évacuent l’eau condensée par la gaine d’air chaud, ce qui évite la corvée. Pour optimiser votre appareil, suivez aussi nos conseils pour bien régler votre clim en cas de canicule.

Cadre légal : ce que dit le règlement de copropriété

Le règlement de copropriété ne peut pas, en principe, interdire totalement l’usage d’un climatiseur mobile, car il s’agit d’un appareil électroménager comme un autre. En revanche, il peut encadrer les nuisances sonores et l’usage de la façade. Si le règlement de copropriété prévoit que les appareils de climatisation doivent être installés à l’intérieur des logements et non sur les balcons, le locataire doit s’y conformer. C’est pourquoi la clim mobile, qui reste à l’intérieur, est souvent la meilleure option en appartement.

Clim fixe (split mural, multi-split, monobloc) : l’accord écrit obligatoire

Quand la clim mobile ne suffit plus (surface trop grande, usage intensif, recherche d’une solution pérenne), la question de la climatisation fixe se pose. Et là, nous entrons dans une tout autre zone juridique. L’installation d’une clim fixe constitue par nature une « transformation » au sens de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, et exige donc l’accord écrit préalable du propriétaire.

La liste des travaux considérés comme transformation

La jurisprudence et la doctrine s’accordent sur la liste suivante, qui constituent des transformations nécessitant l’accord écrit du bailleur :

  • Percer un mur extérieur ou une façade pour faire passer les tuyaux de fluide frigorigène d’un split mural ou d’un multi-split.
  • Installer une unité extérieure visible depuis la rue ou les parties communes (sur un balcon, une façade, une cour intérieure).
  • Modifier le tableau électrique pour créer un circuit dédié à la climatisation (au-delà de 3,5 kW de puissance).
  • Percer une dalle ou un plafond pour faire passer des gaines dans un faux plafond technique.
  • Installer un groupe extérieur en toiture-terrasse ou sur un local technique commun.

⚠️ Le piège classique à éviter

Un locataire qui installe une clim fixe sans accord écrit du bailleur prend un triple risque : remise en état des lieux à ses frais au départ, indemnité pour dégradation, voire résiliation judiciaire du bail pour faute. Mieux vaut demander l’accord par écrit avant toute intervention.

Modèle de lettre recommandée avec accusé de réception

Pour demander l’accord du propriétaire dans les règles, mieux vaut utiliser un courrier formel envoyé en recommandé avec accusé de réception. Voici un modèle que vous pouvez adapter à votre situation :

📋 Modèle de lettre recommandée AR

« Objet : Demande d’autorisation pour l’installation d’une climatisation fixe
Madame, Monsieur,
Locataire du logement situé [adresse complète], je vous adresse par la présente une demande d’autorisation pour faire installer une climatisation fixe de type [split mural / multi-split / monobloc] dans le logement, avec intervention sur la façade [sud / ouest] pour le passage des fluides frigorigènes et l’installation d’une unité extérieure.
L’installation serait réalisée par un professionnel certifié, à mes frais, dans le respect des règles de l’art et des normes en vigueur (NF C 15-100 pour l’électricité, fluide frigorigène conforme au règlement F-Gaz).Je m’engage à remettre le logement dans son état initial à mon départ, sauf accord écrit de votre part pour conserver l’installation.
Je vous remercie de bien vouloir me faire part de votre réponse dans un délai de 30 jours. À défaut de réponse dans ce délai, je considérerai votre silence comme valant refus implicite.
Je joins à ce courrier un devis estimatif de [montant] € établi par la société [nom], ainsi qu’un plan d’implantation de l’unité extérieure.
Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Prénom Nom du locataire]
[Date et signature] »

Ce courrier a une valeur juridique forte. Il prouve que vous avez sollicité l’accord dans les règles et que vous avez proposé des garanties au propriétaire. En cas de refus, il constituera une pièce essentielle du dossier si vous saisissez la commission départementale de conciliation ou le tribunal. Pour bien anticiper les travaux et leur coût, vous pouvez consulter notre guide sur l’entretien climatisation entre locataire et propriétaire.

Coût d’installation : les ordres de grandeur 2026

Pour un split mural simple dans un studio ou un T2 (20 à 35 m²), comptez entre 1 200 et 2 500 € posé par un professionnel certifié RGE. Pour un multi-split (deux à quatre unités intérieures raccordées à une unité extérieure), la facture monte entre 4 000 et 8 000 € selon la configuration. Pour un monobloc sans unité extérieure (plus rare en résidentiel), comptez 1 800 à 3 500 € posé. Ces prix incluent la main d’œuvre, le fluide frigorigène et la mise en service. Les aides de l’État (MaPrimeRénov’, CEE) sont accessibles si l’installation est couplée à une pompe à chaleur réversible.

Qui paie à la sortie du locataire ?

La règle de principe est claire : si l’installation a été faite sans accord écrit du bailleur, le locataire doit remettre le logement en état à ses frais, c’est-à-dire reboucher les trous, retirer les unités intérieures et extérieures, et repeindre la façade. Si l’installation a été faite avec l’accord écrit du bailleur, la situation dépend des termes de l’accord. Trois cas de figure se présentent en pratique :

  • Le bailleur a accepté sans condition : l’installation reste dans le logement au départ du locataire, sans indemnité pour ce dernier.
  • Le bailleur a exigé une remise en état : le locataire doit déposer l’installation et remettre la façade en état à ses frais.
  • Le bailleur accepte de conserver l’installation moyennant indemnité : les parties conviennent d’un montant forfaitaire ou d’une décote sur l’état des lieux.

Pour aller plus loin sur le choix entre PAC air-eau et PAC air-air (qui inclut la fonction climatisation réversible), notre comparatif complet vous aide à trancher selon votre logement et votre budget.

Copropriété : l’accord du bailleur ne suffit pas

En appartement, l’installation d’une climatisation fixe se heurte à un deuxième mur juridique : la copropriété. Car l’unité extérieure, qu’elle soit posée sur un balcon, une façade ou une cour intérieure, affecte presque toujours les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. Et toute modification des parties communes ou de l’aspect extérieur requiert, en principe, un vote en assemblée générale.

L’article 25 de la loi du 10 juillet 1965

Le texte central est l’article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Cet article prévoit que « sont de la compétence de l’assemblée générale les actes d’acquisition et d’aliénation des parties communes ainsi que la constitution de droits réels accessoires à ces parties communes ». Pour les travaux affectant l’aspect extérieur ou les parties communes, l’article 25 b de la même loi prévoit un vote à la majorité des voix de tous les copropriétaires (majorité absolue).

Concrètement, le locataire qui veut installer une clim fixe en copropriété doit donc obtenir deux autorisations : celle du propriétaire-bailleur (article 7 de la loi 1989) et celle de l’assemblée générale des copropriétaires (article 25 de la loi 1965). C’est ce que rappelle le cabinet Kohen Avocats dans sa note du 23 juin 2026.

Cas typique : unité extérieure sur balcon

Le cas le plus fréquent est l’installation de l’unité extérieure sur le balcon du logement. Le balcon, même à jouissance privative, fait partie des parties communes de l’immeuble au regard du statut de la copropriété. Le copropriétaire (qui est ici le propriétaire-bailleur) ne peut donc pas autoriser seul le locataire à y installer un équipement qui modifierait l’aspect extérieur de l’immeuble. Il faut un vote en assemblée générale, avec un point inscrit à l’ordre du jour, et une majorité absolue des voix.

C’est précisément ce qu’a tranché le tribunal judiciaire de Paris le 22 janvier 2025 dans son ordonnance de référé n° 24/55019. Dans cette affaire, une locataire avait installé sans autorisation une unité extérieure de clim sur son balcon. Le syndic, informé, avait inscrit le sujet à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, qui avait voté à l’unanimité la dépose de l’installation. La locataire refusant d’exécuter la décision, le tribunal l’a condamnée sous astreinte de 100 € par jour de retard. Cette décision sert désormais de référence pour tous les litiges analogues.

Procédure complète : locataire → bailleur → syndic → AG

La marche à suivre, quand nous sommes locataire en copropriété, est donc la suivante :

  1. Constituer un dossier technique (devis, plan d’implantation, caractéristiques de l’appareil, attestation d’assurance).
  2. Envoyer une demande d’accord écrit au propriétaire-bailleur (le modèle de lettre ci-dessus fonctionne).
  3. Si le bailleur accepte, lui demander de transmettre la demande au syndic pour inscription à l’ordre du jour de la prochaine AG.
  4. Présenter le dossier en assemblée générale, idéalement avec l’appui du bailleur pour défendre le projet.
  5. Si l’AG vote favorablement, faire réaliser les travaux par un professionnel certifié, en respectant le règlement de copropriété (nuisances sonores, esthétique, emplacement).

Délai total : comptez 6 à 18 mois entre l’idée initiale et l’installation effective, en fonction du calendrier des AG (généralement annuelles) et du délai d’instruction du syndic. C’est pourquoi beaucoup de locataires choisissent d’opter pour la clim mobile en attendant.

Balcon à jouissance privative : tout n’est pas permis

Beaucoup de locataires croient, à tort, que la jouissance privative du balcon leur donne un droit absolu d’y faire ce qu’ils veulent. C’est faux. Le balcon reste une partie commune de l’immeuble, dont le copropriétaire a la jouissance privative mais pas la propriété exclusive. Le règlement de copropriété peut interdire ou autoriser certains usages. En cas de doute, mieux vaut consulter le syndic avant toute installation.

Que faire si le propriétaire refuse ? 5 recours efficaces en 2026

Malgré tous vos efforts, le propriétaire refuse d’installer ou de laisser installer une climatisation, ou refuse de réparer une PAC réversible défaillante. Que faire ? Voici les cinq recours à activer, du plus rapide au plus formel.

Recours n°1 : la mise en demeure recommandée

Première étape obligatoire avant tout contentieux : la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Le courrier doit rappeler les faits (par exemple : « la pompe à chaleur réversible qui assure le chauffage et la climatisation du logement est en panne depuis le 15 juin 2026 »), citer les textes applicables (article 6 loi 1989, décret 30/01/2002), et fixer un délai raisonnable pour exécuter l’obligation (en général 15 à 30 jours). À défaut de réponse favorable dans ce délai, vous pourrez activer les recours suivants.

Recours n°2 : la commission départementale de conciliation

La commission départementale de conciliation (CDC) est un organe paritaire composé de représentants des bailleurs et des locataires. Elle est compétente pour les litiges liés au bail d’habitation et propose une solution amiable, gratuitement et rapidement. Saisine par simple lettre ou formulaire en ligne, délai de réponse de 2 à 3 mois. La proposition de la CDC n’est pas contraignante, mais elle a un poids certain en cas de contentieux ultérieur. PAP.fr détaille la procédure dans son article du 19 juin 2026.

Recours n°3 : l’action en référé devant le tribunal

En cas d’urgence (canicule en cours, personne fragile occupant le logement, dommage imminent), le locataire peut saisir le juge des référés du tribunal judiciaire dont dépend le logement. Le juge peut ordonner sous astreinte la réalisation des travaux, ou allouer une provision à valoir sur des dommages-intérêts. C’est la procédure utilisée dans les décisions TJ Paris 22/01/2025 et TJ Béziers 31/03/2026 citées plus haut. Délais : quelques jours à quelques semaines selon l’urgence.

Recours n°4 : l’ADIL (Agence départementale d’information sur le logement)

Les ADIL sont des associations loi 1901 financées par l’État, les collectivités et les professionnels de l’immobilier. Elles offrent un conseil juridique gratuit aux locataires comme aux propriétaires sur toutes les questions relatives au logement. Avant toute démarche contentieuse, nous recommandons de prendre rendez-vous avec l’ADIL de votre département : vous y obtiendrez une analyse neutre de votre dossier et des conseils personnalisés. Liste des ADIL disponible sur le site du réseau ANIL.

Recours n°5 : baisse de loyer ou résiliation de bail

En dernier recours, le locataire peut saisir le tribunal judiciaire sur le fond pour obtenir une baisse de loyer proportionnelle au défaut du propriétaire, voire la résiliation judiciaire du bail aux frais du propriétaire. Cette procédure est plus longue (plusieurs mois à plus d’un an), mais elle permet d’obtenir des dommages-intérêts. Le tribunal s’appuie sur les constats précédents (CDC, ADIL) et sur les certificats médicaux éventuels. Capital.fr signalait le 23 juin 2026 une augmentation sensible du nombre de ces procédures sur les six derniers mois.

Futur : ce qui change avec la loi Relance Logement et le seuil 28 °C

Si le droit actuel laisse encore beaucoup de place à l’incertitude, plusieurs textes en préparation pourraient changer la donne dans les mois et années qui viennent. Voici ce que nous savons à la date du 24 juin 2026 sur l’évolution prévisible du cadre légal.

Le projet de loi Relance Logement (présentation 24 juin 2026)

Présenté ce 24 juin 2026 en Conseil des ministres par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, le projet de loi Relance Logement comporte cinq mesures phares, détaillées par Monimmeuble.com dès ce matin. Les trois mesures qui touchent directement notre sujet sont :

  • L’obligation pour les propriétaires bailleurs de fournir un « diagnostic de confort d’été » lors de toute nouvelle mise en location, à compter du 1er janvier 2028.
  • L’intégration de critères de température intérieure maximale dans le décret du 30 janvier 2002 sur la décence, avec un seuil fixé à 28 °C en valeur médiane nocturne sur les 30 derniers jours.
  • Le renforcement des aides MaPrimeRénov’ pour l’installation de pompes à chaleur réversibles dans les logements locatifs, avec un bonus de 1 500 € pour les propriétaires bailleurs.

Calendrier prévisionnel : examen parlementaire à l’automne 2026, vote final attendu au premier trimestre 2027, promulgation et publication des décrets d’application à l’été 2027, entrée en vigueur des principales mesures au 1er janvier 2028.

La proposition de loi « Confort d’été 2026 »

Parallèlement au projet du gouvernement, 152 députés de la majorité et de l’opposition de gauche ont déposé en mai 2026 une proposition de loi dite « Confort d’été 2026 » qui va plus loin. Ce texte propose notamment d’inscrire dans le Code de la construction et de l’habitation que tout logement dépassant 28 °C de température intérieure pendant plus de 5 heures par jour, sur une période de 7 jours consécutifs, serait réputé indécent. Les propriétaires auraient l’obligation de réaliser les travaux nécessaires (isolation, ventilation, climatisation) sous peine d’inéligibilité aux aides et de saisine possible du préfet par le locataire.

Cette proposition reprend une idée défendue par plusieurs associations dont la Fondation pour le logement. Elle s’inspire de modèles en vigueur dans le sud de l’Espagne et dans certaines régions d’Italie. Si elle aboutissait, elle représenterait un changement majeur pour les propriétaires bailleurs, qui seraient contraints d’investir massivement dans l’isolation ou la climatisation de leurs biens.

Volets et ventilateurs de plafond obligatoires ?

Une autre mesure proposée dans le débat public consiste à rendre obligatoires les volets roulants et les ventilateurs de plafond dans tout nouveau logement locatif. Cette piste, défendue notamment par le collectif « koliving » et plusieurs professionnels de l’immobilier, vise à offrir une solution de rafraîchissement passive ou peu coûteuse sans aller jusqu’à la climatisation généralisée. Le coût pour les propriétaires serait modeste (entre 300 et 800 € par logement) et l’efficacité énergétique serait réelle.

Le vrai coût pour garder sa maison fraîche

Au-delà de l’aspect juridique, beaucoup de propriétaires s’interrogent sur le coût réel d’une maison rafraîchie en été. Sans surprise, l’isolation et la ventilation sont les investissements les plus rentables à moyen terme. Notre guide sur le vrai coût pour garder sa maison fraîche en 2026 détaille les postes de dépenses et les économies attendues. Pour les propriétaires bailleurs, l’équation est simple : un logement bien isolé se loue plus cher, se loue plus vite, et reste occupé plus longtemps.

Pour les locataires, la clé est de bien choisir entre la clim mobile (rapide, économique, sans accord) et la clim fixe (performante mais conditionnée à l’accord du propriétaire et de la copropriété). Et pour les propriétaires, l’investissement dans l’isolation et la PAC réversible reste la solution la plus pérenne, à la fois sur le plan juridique (loi 1989, décret 2002) et sur le plan économique (valorisation du bien, économies d’énergie).

Mémo rapide : Les 7 réflexes en cas de canicule

❌ Locataire en sueur sans clim➔ Cliquer sur clim mobile + gaine, sans accord écrit, max 9 000 BTU
❌ PAC réversible en panne➔ Courrier AR au propriétaire sous 48 h (art. 6 loi 1989)
❌ Volets cassés depuis des mois➔ Mise en demeure + saisine CDC du département
❌ Refus d’accord écrit pour split➔ Modèle de lettre recommandée ci-dessus + copie au syndic
❌ Logement à plus de 32 °C constants➔ Constat d’huissier + certificat médical + référé urgence
❌ Copropriété qui refuse l’unité extérieure➔ Demande d’inscription à l’AG suivante, majorité absolue requise
❌ Personne fragile (âge, pathologie)➔ Certificat médical + saisine du tribunal par référé (TJ Béziers 31/03/2026)

FAQ : vos questions fréquentes sur la clim en location

Le seuil de 28 °C est-il déjà en vigueur comme critère d’indécence ?

Non. En juin 2026, le seuil de 28 °C comme critère d’indécence du logement n’est pas encore en vigueur. Il s’agit d’une proposition de loi « Confort d’été 2026 » déposée par 152 députés en mai 2026, et d’une mesure envisagée dans le projet de loi Relance Logement présenté le 24 juin 2026 en Conseil des ministres. La promulgation et l’entrée en vigueur de ces textes ne sont pas attendues avant 2027 ou 2028. Le critère de décence actuel reste défini par le décret du 30 janvier 2002, qui ne fixe pas de température intérieure maximale.

Mon propriétaire doit-il réparer ma PAC réversible tombée en panne en plein été ?

Oui, si la PAC réversible est votre seul moyen de chauffage. Le décret du 30 janvier 2002 sur le logement décent impose au propriétaire de fournir des installations de chauffage conformes aux normes de sécurité et en état de marche. La jurisprudence récente (TJ Paris 22/01/2025, TJ Béziers 31/03/2026) confirme que la fonction climatisation d’une PAC réversible entre dans le champ de l’obligation légale dès lors qu’il s’agit du seul équipement de chauffage du logement. Envoyez un courrier recommandé avec AR au propriétaire pour exiger la réparation sous 15 à 30 jours.

Faut-il l’accord écrit du propriétaire pour installer une clim mobile ?

Non, l’installation d’un climatiseur mobile ne nécessite pas l’accord écrit du propriétaire, dès lors qu’il s’agit d’un usage normal. Cela suppose de respecter trois règles : pas de percement des murs ou fenêtres, pas de fixation durable au bâti (vis, chevilles, supports collés), et retrait de l’équipement sans trace au départ du logement. Le locataire doit pouvoir retirer la clim mobile et son joint adaptateur sans laisser de marque visible, et reboucher le passage de gaine au mastic.

Puis-je installer une clim fixe sans l’accord du syndic de copropriété ?

Non, en principe il faut l’accord de l’assemblée générale des copropriétaires dès lors que l’unité extérieure affecte les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. L’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 exige un vote à la majorité absolue des voix. Le balcon, même à jouissance privative, reste une partie commune. La jurisprudence (TJ Paris référé 22/01/2025 n° 24/55019) a condamné une locataire sous astreinte de 100 € par jour pour non-dépose d’une unité extérieure non autorisée par l’AG.

Que faire si mon propriétaire refuse d’installer une clim malgré mes demandes ?

Cinq recours sont possibles, du plus rapide au plus formel : (1) mise en demeure par lettre recommandée AR, (2) saisine gratuite de la commission départementale de conciliation (CDC), (3) action en référé devant le tribunal judiciaire en cas d’urgence (canicule en cours, personne fragile), (4) conseil gratuit auprès de l’ADIL de votre département, (5) saisine sur le fond pour baisse de loyer ou résiliation du bail aux frais du propriétaire. Pour les personnes fragiles, un certificat médical facilite l’obtention rapide d’une décision de justice.

Existe-t-il un modèle de lettre pour demander l’accord d’installation d’une clim fixe ?

Oui, un modèle complet est disponible dans la section 5 de ce guide. Le courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception, décrire précisément les travaux envisagés (type d’appareil, emplacement, percement), joindre un devis et un plan d’implantation, et préciser les engagements du locataire (remise en état éventuelle, conformité aux normes). Si le bailleur ne répond pas sous 30 jours, son silence vaut refus implicite et permet d’activer les recours.

Conclusion : que retenir pour cet été 2026 ?

La situation juridique de la climatisation en location est, en ce mois de juin 2026, à un tournant. D’un côté, le droit actuel reste clair sur un point : aucun texte n’impose au propriétaire d’installer une clim autonome dans un logement loué. De l’autre, la jurisprudence récente et les projets de loi en cours dessinent une évolution nette vers une obligation croissante de garantir le confort d’été du locataire.

Pour les locataires, la stratégie immédiate tient en trois mots : clim mobile, patience et formalisme. La clim mobile est la solution la plus rapide et la moins risquée juridiquement, à condition de respecter la règle des trois « sans ». La patience est de mise si nous voulons installer une clim fixe : il faut compter 6 à 18 mois pour obtenir toutes les autorisations nécessaires. Le formalisme, enfin, est indispensable : courriers recommandés, devis, plans, assemblées générales. Sans papier, pas de droits.

Pour les propriétaires, l’équation est inverse : anticiper plutôt que subir. Investir dans l’isolation et la PAC réversible n’est pas seulement une charge, c’est une assurance contre les contentieux futurs, sans parler de la valorisation du bien et de l’attractivité locative. Les textes en préparation (Relance Logement, proposition Confort d’été 2026) laissent peu de doute sur le sens de l’histoire : dans dix ans, le confort d’été sera un critère de décence comme l’est aujourd’hui l’isolation phonique.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter nos guides complémentaires sur le bon réglage de votre clim en cas de canicule, sur les erreurs à éviter avec un climatiseur mobile, ou sur l’isolation des combles perdus pour une solution pérenne de fraîcheur. Et si vous êtes concerné par un litige en cours, contactez l’ADIL de votre département : c’est gratuit, neutre, et très efficace.

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